LE XVIIème siècle

 

Le XVIle siècle est le siècle de l'ordre, de la grandeur et du classicIsme, sur fond d'autoritarisme gouvernemental et de pauvreté populaire. Pendant la première partie du siècle, la France domIne l'Europe par les lettres, les arts et les armes.

 

Pour une introduction historique du XVIIème siècle

è 1600-1660 : ordre et prestige

 

·  Henri IV (mort en 1610) donne à la France paix et prospérité.

·  En politique, Richelieu (mort en 1642), lucide et intransigeant, puis Mazarin (mort en 1661), diplomate et insinuant, établissent solidement la royauté absolue en bridant les protestants et les nobles, dont la Fronde (1642) est la dernière velléité d'indépendance. Le roi est très puissant : tout le monde a les yeux fixés sur Versailles.

·  Dans les salons s'impose l'idéal de l'honnête homme : à la recherche d'une élégance physique et morale, cultivé, sociable, aimable, il tend par tous les moyens à se perfectionner toujours davantage,

·  Pour la langue française et sa littérature, Richelieu fonde l'Académie française en 1635. Il organise ainsi en corps constitué une assemblée de bourgeois qui se regroupaient hebdomadairement pour parler littérature et lire leurs productions. Le but de cette assemblée placée sous la protection du Cardinal est de perfectionner la langue française, notamment en composant des instruments de référence : un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique, une poétique. Le besoin d'ordre qui domine tout le siècle apparaît dans un ouvrage de l'académicien Vaugelas (1585-1650), Remarques sur la langue française (1647), destiné à fixer le bon usage (« celui de la plus saine partie de la cour»), en affaiblissant le mauvais usage ou usage populaire.

·Au théâtre, le besoin d'ordre et de rigueur trouve son expression dans une contrainte - le dramaturge doit respecter la règle des trois unités - lieu, temps et action

è 1660-1685 : étonnement et éblouissement

Tandis que Louis XV étonne l'Europe et l'éblouit de l'éclat de sa cour, une architecture grandiose et imposante voit le jour, En 1665, sur les plans de Mansart, on achève le Val-de-Grâce, à ParisHarcicuin- Mansart, à qui on doit les Invalides, dirige les agrandissements du palais de Versailles, dont Le Nôtre dessine les jardins, En peinture, c'est le règne de Lebrun, Poussin et Philippe de Champaigne.

è mouvements d'idées au XVIle Siècle

- Le jansénisme. Mouvement intellectuel et religieux, le jansénisme a une bible, publiée en 1640 - un ouvrage posthume de Jansénius (ou Jansen), évêque d'Ypres. Dans l'Augustinus, Jansénius avance la thèse que la volonté humaine n'est jamais libre, et que la grâce du salut n'est accordée par Dieu qu'à un petit nombre d'élus : les prédestinés.

- Le lieu d'élection du jansénisme en France est un couvent de femmes situé aux environs de Paris, dans la vallée de Chevreuse, Port-Royal. L'abbesse de Port-Royal, Angélique Arnauld et son frère, surnommé le grand Arnauld, propagèrent la doctrine et accueillirent des religieux et des laïcs désireux de suivre l'enseignement janséniste, et de vivre conformément à ses règles : les « Solitaires » ou les « Messieurs» de Port-Royal. Les Jésuites s'opposèrent à cette doctrine et l'histoire de Port-Royal est entrecoupée de querelles et de persécutions : emprisonnement en 1638 d'une haute figure du jansénisme, Saint-Cyran, surveillance policière des religieuses qui ont refusé de signer un document désavouant Jansénius, etc. En 1705, la situation se dégrade ' elle aboutira en 1709 à la dispersion définitive des religieuses, et, en 1712, à la destruction des bâtiments.

- La pensée janséniste eut une influence profonde sur la littérature : elle domine l’œuvre de Pascal, elle marque celle de Racine et laisse son empreinte dans les oeuvres de Madame de La Fayette, Boileau et La Bruyère

- Le mouvement libertin. Ce courant est lié à une crise d'incrédulité qui éclate au début du XVI le siècle, le poète Théophile de Viau, par exemple, appartient à ces esprits qui avancent que 1 univers n'est pas régi par Dieu mais par une force inconnue, Théophile de Viau sera banni puis emprisonné Autre penseur libertin célèbre, Gassendi (1592-1655) ressuscite le courant épicuriste, la doctrine du philosophe Épicure, né à Athènes (ou s 8~n0s) en 341 et mort à Athènes en 270 av J -C Il réunit autour de lui des lettrés épris de philosophie qui pourchassent la sottise et la superstition et se réunissent chez les frères Dupuy. Quand le cercle des frères Dupuy disparaît en 1655, la pensée libertine apparaît dans le cercle de grands seigneurs comme Conti, Condé, Gaston d'Orléans.

 · Le quiétisme. Le quiétisme est une doctrine qui interprète le catholicisme dans un sens mystique. Cette doctrine se fonde sur l'enseignement de Sainte Thérèse d'Avila. C'est Madame Guyon, auteur d'ouvrages de dévotion, qui propagea le quiétisme dans un texte qu'elle publia en 1689 - Le Moyen court et très facile de faire oraison, vive louange de l'oraison,

Amie de Madame de Maintenon et de Fénelon, Madame GuVon fit du prosélytisme, et des prélats hostiles à sa doctrine procédèrent à une analyse minutieuse de son oeuvre Madame Guyon fui mise en état d'arrestation et Fénelon, partisan de Madame Guyon, s opposa à Bossuet qui avait été son MaÎtre et son ami

 

· La Querelle des Anciens et des Modernes. C'est la rédaction en français, et non en latin, des inscriptions des tableaux de Lebrun exposés dans la galerie de Versailles qui ouvrit la Querelle. Partisans des auteurs modernes dont ils apprécient le talent et les productions, un certain nombre d'écrivains, dont le conteur Charles Perrault (1628-1703) et le philosophe Fontenelle (16571757), s'opposent à certains de leurs contemporains, comme Boileau ou Racine, convaincus de la supériorité des auteurs de l'Antiquité.