Alphabet | Origine de l’alphabet
| La prononciation érasmienne | Les
esprits | Les accents : leur nature | Les accents : les trois accents grecs | Principes de l’accentuation
4. Les vingt-quatre lettres de l’alphabet grec
Alpha A a a long ou
bref, comme dans âge et acte
Bêta B b b en principe, différent selon position
Gamma G g g dur comme dans guerre ; devant g, k, c, x, le g correspnd
au son noté dans king.
Delta D d d
Epsilonn E e e œ yilÒn (é simple), prononcé comme dans clé
Dzêta Z z dz se
prononçait aussi zd.
Êta H h ê ouvert long, comme dans tête
Iota I i i long ou bref, comme dans île et
lit ; n’a pas de point
Kappa K k k comme dans képi
Lambda L l l ll n’a jamais le son mouillé ; se
prononce comme dans ville
Mu M m m ne nasalise pas la voyelle
précédente ; ¢mf…,
autour de, ammphi
Nu N n n ne nasalise pas ; ¢ndre‹oj, courageux, anndréioss.
Xi X x x comme dans axe.
Omicronn O o o Ô mikrÒn (o petit), nous le prononçons comme dans otage.
Pi P p p
Rhô R r r
Sigma S s, j s j à la fin d’un mot, s ailleurs ; dur comme
dans soleil
Tau T t t comme dans bastion
Upsilonn U u u â yilÒn, (u simple),
long ou bref comme dans mûr et mule.
Phi F f ph comme dans
physique
Khi C c ch comme dans
chaos
Psi Y y ps comme dans
pseudonyme
Oméga W w ô ð mšga, (grand o), comme dans
dôme.
Les
Grecs ont emprunté la plupart des lettres de leur alphabet aux Phéniciens,
peuple de race sémitique. Ils l’ont fait pour les besoins de leur commerce, car
leurs rapports avec les marchands phéniciens étaient constants.
À
l’origine il n’y eut pas qu’un seul alphabet : chaque cité interpréta à sa
guise le fonds commun. Mais une première simplification isola quatre alphabets
qui durent ensuite ramenés à un seul, l’alphabet ionien de Milet, l’une des
villes les plus importantes de l’Asie Mineure. Athènes l’adopta en 403 av.
J.-C.
6. La prononciation érasmienne
Notre prononciation du grec est
conventionnelle : on l’appelle érasmienne, du nom du savant qui l’a fixée
au XVIe siècle, l’humaniste hollandais Erasme.
Contrairement à la prononciation française du latin,
qui est très fautive, il semble que notre prononciation du grec ne s’écarte pas
trop de la prononciation antique. Un Grec du temps de Platon en nous entendant
lire sa langue maternelle, aurait pu la reconnaître ; un Latin du temps de
Cicéron, sûrement pas.
Remarques :
1-Les lettres grecques qui composent un mot ne sont
pas liées entre elles. Ex : gr£mma, lettre.
2- Nous prononçons comme en français les sons
représentés par au, eu, ou, alors que au et eu représentaient des diphtongues en grec. Nous
prononçons ai, ei, oi comme dans ail, sommeil,
Ohio.
Vous remarquerez sur les mots grecs l’existence de
deux sortes de signes : ce sont les esprits
et les accents.
L’esprit indique que le mot commence ou ne commence
pas par une aspiration.
Il se trouve sur toutes les voyelles ou diphtongues
initiales et sur le r initial.
On distingue l’esprit rude (¡) et l’esprit doux (¢). L’esprit rude indique que
la prononciation de la voyelle, de la diphtongue ou du r qu’il surmonte s’accompagne d’une aspiration.
Ex. : ÐdÒj ,route, se prononce hodoss.
L’esprit doux indique que la prononciation de la
voyelle ou de la diphtongue ne s’accompagne pas d’une aspiration.
Ex. : 'ApÒllwn, Apollon, se prononce Apollônn.
Remarque 1 : L’esprit est
toujours rude sur le r initial et sur l’u initial.
Ex. : r»twr, orateur, Ûpnoj, sommeil.
Remarque 2 : L’esprit se place
au-dessus d’une minuscule : ¢n»r, homme ; à gauche
d’une majuscule : 'An»r, Homme ; sur la seconde voyelle d’une
diphtongue ou fausse diphtongue. : o„k…a, maison.
Les accents que nous trouvons sur les mots grecs et
ceux que nous mettons sur les mots français ne jouent pas le même rôle.
En français, l’accent sert à indiquer la prononciation des voyelles qu’il
surmonte. Ainsi, dans le mot élève, l’accent aigu indique que le premier e est
fermé et l’accent grave que le second e est ouvert.
Parfois il ne sert qu’à distinguer des homonymes, comme la préposition à de la
verbale a.
En grec, l’accent désigne la syllabe accentuée du mot.
Ex. : ¥nqrwpoj, homme.
Les mots grecs ont en effet, comme les mots latins
et français, une syllabe accentuée. Mais en français la voix se fait plus forte
sur la voyelle accentuée.
Ex. : élève, maison.
Le français a donc un accent d’intensité.
En grec, la syllabe accentuée était prononcée sur
une note plus élevée que les autres syllabes du mot. Le grec avait donc un accent de hauteur et un caractère musical.
9. Les accents : les trois accents grecs
Il y en grec trois
accents :
-
l’accent aigu, qui indique la syllabe sur laquelle le ton s’élève.
Ex. : ¹mšra, le jour.
-
l’accent grave, qui remplace l’accent aigu sur la dernière syllabe d’un
mot immédiatement suivi d’un autre mot accentué et qui indique une élévation
moindre de la voix.
Ex. : kalÕj kaˆ mšgaj, beau et grand.
-
l’accent circonflexe formé de deux accents, aigu et grave, réunis et
qui indique que la voix s’élève puis redescend sur la même syllabe.
Ex. : koàfoj, léger.
Remarque : L’accent, comme
l’esprit, se place sur la deuxième lettre d’une diphtongue.
Ex. : a‡x, chèvre ; aÜrion, demain ; à côté de ¥upnoj, sans sommeil, mot de trois syllabes.
10. Principes d’accentuation ; les mots atones.
Les règles de l’accentuation grecque sont complexes.
Bornons-nous à savoir pour le moment que l’accent aigu peut être placé sur
l’une des trois dernières syllabes d’un mot, alors que l’accent circonflexe ne
peut se trouver que sur l’une des deux dernières syllabes ; quant à
l’accent grave, il remplace l’accent aigu sur la dernière syllabe d’un mot
immédiatement suivi d’un autre mot accentué. Au XVIIe
siècle, la méthode de grec de Port-Royal enseignait ces vers aux
écoliers :
L’aigu peut en
trois lieux passer,
Sur brève ou
longue se placer.
Le circonflexe
une longue aime
En la finale
ou la pénultième.
Le grave en la
fin seule est vu,
Dans le
discours et pour l’aigu.
Ex. : ¥nqrwpoj, homme ;
, ¹mšra jour ; , bon ;
koàfoj, léger ; poiî, je fais ;
¢gaqÕj kaˆ kalÒj, bon et beau.
Quelques mots grecs ne sont pas accentués. Les uns
sont dits proclitiques (prol…nomai, je me penche en avant), et font corps avec le mot qui les suit.
Ex. : la négation, oÙ, ne…pas ;
les autres sont dits enclitiques
(™gkl…nomai, je m’appuie sur), et font
corps avec le mot qui les précède.
Ex. : te, et (cf.
latin –que) ; ¢n»r tij, un (certain) homme.
11. Place de l’accent par rapport à l’esprit
Quand une voyelle initiale porte à la fois l’esprit
et l’accent, ce dernier, s’il est aigu ou grave, se place à droite de l’esprit.
Ex. :
¥nqrwpoj, homme ; “Omhroj, Homère ; Ój lšgei, celui qui dit.
Il en est de même si la syllabe initiale est une
diphtongue ou une fausse diphtongue.
Ex. : a†de, celles-ci ; a‰ lšgousin, celles qui disent : e‡qe, utinam.
L’accent circonflexe se place au-dessus de l’esprit.
Ex. :
onoj, vin ; ’Apij, le dieu Apis.
Les Grecs de l’époque classique n’ont jamais noté
l’accent ; si les grammairiens ont pris plus tard cette habitude, c’est
qu’il fallait renseigner les étrangers sur la prononciation correcte et que l’acent est particulièrement utile pour distinguer les
homonymes. Grâce à l’accent et aussi grâce à l’esprit on peut en effet
reconnaître : l’article¹, la, le pronom relatif féminin ¼, qui, la conjonction ½, ou, et la forme verbale Ã, j’étais.
Pas plus que les accents, les signes de ponctuation
n’étaient usités chez les Grecs ; les mots étaient même, dans l’écriture,
soudés les uns aux autres.
Les signes de ponctuation ont été inventés plus tard
par les grammairiens pour rendre plus aisée la compréhension des textes. En
plus de la virgule et du point, qui ont le même emploi qu’en français, nous
trouverons dans les textes grecs le point
en haut ( :),
qui remplace tantôt nos deux points, tantôt notre point virgule. Notre point
virgule ( ;) sert à noter en grec le point d’interrogation.