Un
quatuor monumental lui a assuré un destin éternel : un tombeau, un phare, un musée,
et une bibliothèque. Fondée par Alexandre en 331, la plus grande ville du
Bassin méditerranéen au III siècle avant J.-C. se voulait cité universelle pour
être fidèle à la mémoire de celui qui lui avait laissé son nom.
Antoine
Godbert
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Alexandrie n'avait rien à ses débuts pour
connaître un destin particulier, si ce n'est d'avoir été la première ville à
être fondée par le conquérant macédonien à son retour du sanctuaire de Siwah.
Il s'y était entretenu directement avec le dieu Amon et avait été averti de son
destin. Après tout, une cinquantaine d'autres villes eurent également le
privilège de naître par sa seule volonté et de porter son nom et certaines,
beaucoup plus à l'Est, semblaient profiter d'une meilleure situation
géographique pour pouvoir un jour représenter le cœur d'un empire construit à
partir des conquêtes du Macédonien.
Si elle
fut beaucoup vantée par la suite par nombre d'historiens antiques, la situation
de cette première Alexandrie contredisait en fait bien des habitudes. Certes,
pour fixer ses limites, Alexandre avait symboliquement voulu marquer
l'importance qu'il lui conférait en utilisant de la farine plutôt que de la
craie traditionnelle, farine qui fut d'ailleurs, selon la légende, tout de suite
avalée par des oiseaux migrateurs, à la grande frayeur de plusieurs oracles
mais à la grande joie du roi, qui y vit, lui, le signe d'une future prospérité.
Et il est vrai qu'à la fois méditerranéenne et égyptienne, la cité semblait
pouvoir connaître un avenir commercial très enviable grâce à des sites
portuaires exceptionnels. Mais, dans le même temps, coincée entre le lac
Mariout et la mer, proche de régions marécageuses peu denses, peuplées de
pillards nomades, éloignée de la Grèce comme de l'Egypte dynamique, elle
pouvait très bien ne jamais connaître d'expansion importante. Pire encore,
fille d'un delta peu productif, elle semblait tourner le dos à deux espaces
porteurs à la fois de richesses et de légitimité : le Nil et sa vallée, fiers
d'une histoire vieille de plus 3 000 ans et le Moyen-Orient phénicien, débouché
naturel de tous les grands empires asiatiques.
Rien
même ne la prédisposait à devenir la ville la plus importante d'Egypte puisque
Alexandre n'avait manqué ni de rappeler le rôle clé de Memphis la vieille
capitale ni de flatter le prêtres de Thèbes en faisant restaurer le temple
d'Amon à Louqsor. Mais, de fait, il avait probablement été le seul à s'être
montré visionnaire en affirmant dès sa fondation que la cité nouvelle,
construite sur le site du village égyptien de Rhakotis, connaîtrait un avenir
glorieux à la hauteur de l'île en face de laquelle elle allait grandir, cette
île de Pharos qui, si l'on en croit Homère et Alexandre croyait Homère avait
abrité Protée, l'un des "Vieux de la mer", vaincu seulement par
Ménélas. Et pourtant, dans ses premières années d'existence, la petite ville en forme de chlamyde se
contentait de recevoir quelques
curieux, surtout Grecs, attirés par la
proximité de l'oasis de Siwah, alors qu'Alexandre s'empressait de lui donner
des sœurs jumelles partout et notamment en Asie centrale où il lui semblait nécessaire d'établir un
casernement gréco-macédonien.
Deux
éléments vont en fait décider de son prodigieux destin. La mort du conquérant
d'abord. Puis l'immense puissance acquise par les premiers souverains lagides.
Alexandre
ne reverra en effet jamais vivant la cité qui aujourd'hui encore continue à
entretenir fidèlement son mythe. Avait-il en tête après son expédition en Inde
de repartir à l'assaut de l'Occident à partir de l'Egypte et, donc, de
s'installer dans la ville qu'il avait fondé dix ans auparavant ? Rien n'est
moins sûr, tant, à la fin de sa vie, ses ambitions semblaient plutôt tournées
vers l'Arabie ou l'Afrique. Mais, après quelques années d'errance, c'est
finalement à Alexandrie que l'audace de Ptolémée Ier Sôter voulut que son corps
embaumé reposât pour l'éternité. A sa mort pourtant en 322, les diadoques
avaient décidé qu'il serait préférable que sa dépouille rejoigne le mausolée
familial à Aigai en Macédoine. Mais Ptolémée, maître de l'Egypte après le
partage de l'empire, n'en resta pas là. Et, en 321, il fit détourner le cortège
mortuaire et s'empara d'un trésor de légitimité symbolique d'une valeur
inestimable qu'il exploitera sans retenue après la mort du dernier héritier de
l'empire, Alexandre IV vers 310. Après
un long détour par Memphis, le corps d'Alexandre rejoignit donc finalement le
tombeau que Ptolémée lui avait fait construire. Désormais, grâce au fils de
Lagos, Alexandrie d'Egypte possédait un avantage inestimable sur ses rivales
homonymes : tous ceux qui voudraient voir confirmer leur destin de conquérant
en s'inclinant devant la tombe du plus grand d'entre eux devraient passer par
Alexandrie. César, Antoine, Aladin ou Bonaparte feront tous le détour !
Légitimée
assez vite par la présence du tombeau de son fondateur, la cité connut
également un développement très rapide et une renommée en adéquation ! grâce à
la puissance de la dynastie qui en fit sa capitale : les Lagides, qui, comme
les Séleucides ou les héritiers d'Antigone, n'eurent de cesse de vouloir
montrer au monde qu'ils étaient les dignes héritiers de l'Empire macédonien.
Ptolémée Ier, le fondateur de la dynastie, avait tout de suite compris
l'importance stratégique de l'Egypte qui lui avait été octroyée. C'était
probablement le pays le plus riche de l'époque, dont le passé prestigieux,
l'organisation administrative et le potentiel agricole forçaient l'admiration
de tous. Mais soucieux de ne pas être trop éloigné de la Macédoine, noyau
fondateur de l'empire d'Alexandre, ni de la côte du Proche-Orient que détenait
Antigone le Borgne puis son fils Démétrios Poliorcète, il avait préféré
installer sa cour, son administration et son armée à Alexandrie plutôt que dans
la vallée du Nil. Un choix qui assura définitivement l'avenir politique de la
cité mais aussi son destin artistique et urbanistique.
Car les
premiers Ptolémée ne négligèrent aucun détail pour que leur capitale devienne
le cœur envié du monde civilisé. Destinée à montrer à l'univers que seuls les
Lagides étaient à la hauteur de la magnificence de celui qui avait été le roi
du monde, Alexandrie se couvrit de monuments symboliques, censés reléguer au
rang de villes communes les capitales concurrentes : Antioche et Séleucie, mais
aussi les anciennes cités Athènes ou Sparte.
Au
premier rang, le Phare qui, jusqu'à sa destruction au XIVe siècle, fut le
premier symbole de la cité. Construit de 300 à 283 sur une plate-forme
surélevée, il comprenait trois étages, le premier carré de 70 m, le second,
octogonal, de 35 m, le dernier, cylindrique, de 9 m. Dominée par une statue de
Zeus, cette tour avait reçu son nom de l'île sur laquelle elle avait été
construite, l'île de Pharos. Tout en haut, un feu permanent éclairait la mer et
l'entrée des ports. Ses dimensions lui firent gagner une réputation universelle
et elle fut désignée comme l'une des merveilles du monde. Et les centaines de
plongeurs qui se pressent chaque année dans les eaux sales de la seconde ville
de la république d'Egypte contemporaine à la recherche de ses fragments
perpétuent toujours le mythe de ce feu perché qui faillit coûter cher à un
Prométhée qui, deux siècles plus tard, défia la ville : César lui-même. Grâce à
cette tour formidable qui attirait autant qu'elle guidait nombre de navires,
l'Alexandrie lagide donna à ses ports elle en comptait quatre après la
construction d'une grande chaussée, l'Heptastade, qui joignait Pharos à la
terre ferme une place prépondérante dans le commerce méditerranéen. Les
richesses d'Egypte en partaient pour satisfaire Europe et Asie alors que les
visiteurs du monde entier se croisaient sur des quais en permanente activité.
Marins
venus du bout du monde, mercenaires sortis des armées de tous les grands
peuples guerriers, marchands téméraires parcourant tous les continents connus
ou inconnus, tous se bousculaient sur l'agora, sur les quais ou dans les rues à
angle droit d'une cité qui avait choisi le plan à damiers. Et tous espéraient
profiter d'une part de richesse octroyée par les souverains lagides. A côté des
Grecs qui étaient privilégiés pour les fonctions les plus prestigieuses, des
Egyptiens qui apprenaient à apprécier leur nouvelle capitale, Alexandrie
accueillait ainsi une foule bigarrée, souvent frondeuse, s'exprimant dans mille
idiomes incroyables qui en faisaient vraiment une cité cosmopolite.
Mais
pour que cette cité internationale aux mille parlers puisse vraiment acquérir
le droit à l'universel, il lui fallait dépasser ses succès commerciaux pour
privilégier une nécessaire fonction intellectuelle. Et, là encore, l'Alexandrie
lagide fut à la hauteur des ambitions de ceux qui en avaient fait leur
capitale.
Aussi
célèbre que le Phare, le Musée, qui ouvrit ses portes vers 287, attira tout de
suite les meilleurs écrivains et scientifiques du monde grec. Sur le modèle du
Lycée aristotélicien, plutôt que sur celui de l'Académie platonicienne, il
regroupait une confrérie d'hommes de très grande valeur qui élisaient leur
grand prêtre voué au culte des Muses. Tous rémunérés par le roi, ils
jouissaient d'une liberté et d'une absence de soucis matériels qui devaient
leur permettre d'être tout entier concentrés sur leurs recherches. Très vite,
il devint nécessaire pour ceux qui prétendaient au titre de vrais scientifiques
en Grèce étudier au Musée. Dans cet espace réservé au savoir, où l'essentiel
des choses se passaient sous le Portique ou dans les promenades plantées
d'arbres, on organisait des concours, on formulait des théories, on pratiquait
des expériences, mais on consacrait surtout de nombreux débats aux lectures
critiques et à la mise au point d'une philologie qui, souvent, touchait la plus
sublime érudition, mais, parfois aussi, s'enferrait dans les exercices formels
les plus stériles. L'activité encyclopédique du Musée, protégée par les
Ptolémée, devenait un élément déterminant du développement de la cité.
Exactement
comme à Pergame, à Antioche, à Syracuse ou à Athènes qui pouvaient également
s'enorgueillir d'une activité intellectuelle intense. Mais peut-être mieux
qu'ailleurs grâce à l'extraordinaire diversité des talents réunis. Ptolémée et Hipparque donnèrent leur
lettres de noblesse à l'astronomie, Hérophile et Erasistrate fondèrent l'anatomie. Euclide transforma la
mathématique. Aristarque chassa les
erreurs de transcription des textes anciens. Philétas réforma les règles
traditionnelles de la poésie. Et Zénodote, Erastosthène ou Callimaque, savants
universels, consacrèrent autant d'énergie à la géographie, à la philologie
qu'aux mathématiques.
Mais
cette exceptionnelle renommée se construisit aussi parce que le Musée
comportait une aile magique dont le souvenir devait triompher des siècles : la
Bibliothèque. A l'initiative de son premier directeur, Démétrios de Phalère,
qui avait longtemps présidé aux destinées d'Athènes, avant d'être accueilli par
Ptolémée Philadelphe, le successeur du Sôter, les papyrus commencèrent à
s'accumuler dans ce lieu protégé. Et Callimaque, Apollonios de Rhodes,
Eratosthène et tous ceux qui succédèrent à Démétrios à la tête de l'institution
perpétuèrent cette volonté de collectionner puis de critiquer ce qui
représentait tout le savoir écrit de la planète. Combien y avait-il de volumes
dans la Bibliothèque ? 200 000 à la fin du règne du Philadelphe mais peut-être
400 000, 500 000 ou 700 000 à l'époque de César où une annexe fut même
installée dans le grand Sérapéum. Les estimations des historiens varient faute
de sources concordantes. Mais ce qui est sûr en revanche, c'est que les
Ptolémée déployèrent des efforts systématiques pour tenter de s'approprier tous
les écrits disponibles. Le successeur du Philadelphe, Ptolémée III Evergète,
faisait même confisquer tous les livres des voyageurs qui s'aventuraient dans
sa capitale pour les faire recopier. Mais il gardait toujours l'original !
Brûlée lors du séjour tumultueux de César en 47 av. J.-C., la Bibliothèque
alexandrine connut une seconde jeunesse grâce au don de 200 000 volumes de la
bibliothèque de Pergame qu'Antoine fit à Cléopâtre. Et aujourd'hui, grâce à
l'UNESCO, son héritière contemporaine pourra de nouveau penser à accumuler les
savoirs universels.
Cette
passion pour les sources écrites conduisit même les Ptolémée à encourager la
traduction en grec des grands textes de tous les peuples qui vivaient et
prospéraient à Alexandrie, souvent en fondant leur propre quartier. Ainsi
furent traduits des livres zoroastriens, romains ou égyptiens. Et, l'une de ces
traductions, celle de la Torah juive, conserva même une importance universelle,
puisqu'elle ouvrit la Bible au monde. Car la Septante, tout autant fruit du
désir des Juifs de voir leur diaspora prendre de l'importance dans la cité
nouvelle, que de la volonté des Ptolémée de contrôler un peuple qui fournissait
richesses et soldats, permit non
seulement un renouveau de la pensée
juive hellénisée, mais ouvrit également la porte au christianisme. Etablie en
plusieurs étapes par un travail conjoint de 70 savants grecs et juifs, elle fut
présentée officiellement à Ptolémée Philadelphe. Elle se voulait le signe de
l'intégration d'un peuple à une ville autant que d'une religion à un empire,
une intégration qui resta une caractéristique majeure d'Alexandrie au moins
jusqu'aux années 1980 !
Cette
place importante accordée aux Juifs était la conséquence logique du choix des
Ptolémée. Capitale symbolique, commerciale et culturelle, Alexandrie se voulait
également capitale religieuse. Mais elle était surtout le cœur de
l'administration d'une Egypte dont les trésors étaient plus que jamais
nécessaires pour s'opposer aux puissances asiatiques et méditerranéennes.
Capitale
religieuse par la seule volonté de ses souverains, la perle du delta ne pouvait
apparemment compter que sur la proximité du sanctuaire de Siwah pour affirmer
sa légitimité. C'était bien peu face aux villes grecques ou égyptiennes qui,
depuis des siècles, attiraient grands prêtres, augures ou pèlerins. Mais la
divinisation des rois lagides à partir du Philadelphe dans la continuité de
celle d'Alexandre une tradition venue d'Orient renforça rapidement la crédibilité
religieuse de la première ville égyptienne. Désormais Alexandrie n'était plus
une ville comme une autre. Elle était la demeure de rois destinés à devenir
dieux. Et au-delà de leurs propres personnes, les Lagides s'employèrent
également à privilégier certaines divinités auquelles furent dédiés des temples
somptueux. Le dieu le plus honoré était Sérapis. Ses talents étaient nombreux :
aussi expérimenté qu'Osiris, il pouvait être tout-puissant comme Zeus ou simple
guérisseur comme Esculape. Assimilé par de nombreux prêtres en Egypte à Amon, il était également très
prisé des Grecs et c'est probablement cette faculté d'incarner un syncrétisme
total qui conduisit les Ptolémée à lui forger une place particulière. Deux sérapéums
géants parmi de nombreux autres temples lui avaient été dédiés, l'un dans le
faubourg de Canope, l'autre contenant une statue colossale du dieu d'une
splendeur exceptionnelle dans le quartier de Rhakotis sur l'emplacement de
l'ancien village égyptien. Aujourd'hui encore, à côté des nécropoles très
nombreuses, dont l'étendue est le signe incontestable de l'importance
démographique de la cité hellénistique, ces deux temples restent les cibles
privilégiés des archéologues. Car l'accroissement rapide du culte de Sérapis
dans toute l'Egypte permit à Alexandrie d'asseoir très rapidement son rôle de
capitale religieuse.
A côté de Sérapis, Isis dont le plus grand
temple était situé près du palais royal de Lochias, bénéficiait également d'une
grande popularité. Enfin, au milieu de toutes les autres divinités grecques et
égyptiennes, Alexandre, héros fondateur dont la divinisation était la base de
la divinisation des Ptolémée, avait droit, lui aussi, à un temple à part et,
bien sûr, à un grand prêtre.
Car les
maîtres lagides ne pouvaient se permettre d'oublier Alexandre. C'est de ses
choix audacieux qu'ils avaient hérité le contrôle de la terre la plus
stratégique du Bassin méditerranéen : cette Egypte millénaire dont le monde
entier enviait les richesses. A partir d'un quartier royal qui, à chaque règne,
s'embellissait de nouvelles constructions, les Ptolémée mirent au point une
administration longtemps efficace, qui avait un double but : exploiter au mieux
fiscalement et commercialement le potentiel agricole du delta et de la vallée
du Nil et assurer la domination des souverains d'Alexandrie sur l'ensemble des
terres égyptiennes. A sa tête, le dioicète, à la fois premier ministre et
ministre des finances, dirigeait une armée de fonctionnaires zélés à la double
culture grecque et égyptienne. Leur but : garantir que le taxes en espèces et
en nature alimentent constamment le Trésor royal. Car les guerres avec les
autres empires issus des partages de l'après-Alexandre coûtaient cher, comme
d'ailleurs les festivités permanentes, nécessaires à la bonne marche d'une cour
de plus en plus nombreuse et de plus en plus avide de cadeaux somptuaires. Mais
les Prolémée disposaient, à côté des recettes fiscales remontant de toutes les
circonscriptions administratives, les nomes, de revenus très importants provenant
de la production de leurs ateliers d'artisanat mais aussi de la mise en valeur
de leurs nombreuses terres royales ils avaient
même établi de véritables fermes modernes dans l'oasis du Fayoum, qu'ils
aimaient montrer aux ambassadeurs étrangers et à leurs hôtes de marque. Ainsi
toute la population d'Alexandrie pouvait mener grand train.
Et
pendant toute la période héllénistique et pendant la plus grande partie de
l'ère romaine, elle ne s'en priva pas. Et si le quatuor monumental assurait la
pérennité de l'exception alexandrine dans le monde méditerranéen, sa renommée à
court terme qui lui permit d'être célébrée et glorifiée par tant d'auteurs
antiques fut d'abord le fruit d'un certain art de vivre, d'une place
considérable accordée aux échanges de toutes sortes et surtout d'un goût de la
fête et de l'animation qui, jusqu'à aujourd'hui, ne s'est pas démenti.
Fondée
par un conquérant, Alexandrie, qui saura en attirer tant d'autres : César,
Bonaparte, Rommel... ne doit peut-être sa place très spéciale dans l'histoire
qu'à sa capacité d'apparaître comme un carrefour réussi entre trois continents.
Et si aujourd'hui la ville n'a plus l'éclat d'antan, c'est peut-être parce
qu'il est de plus en plus difficile d'assumer une vocation de cité universelle
!