Avec
les compliments d’ARTEA Hypermédia
Mention
obligatoire - Texte extrait du cédérom "L’aventure d’Alexandre le
Grand" édité par ARTEA Hypermédia
- Libre de droits -
10ème
Etat de l'Union européenne depuis 1979 , rencontre des mondes balkaniques et méditerranéens. Mais surtout une culture
éternelle , berceau de la Raison
Antoine
Godbert
_____________________________
De la
fin des Temps obscurs à aujourd'hui, la
Grèce a souvent eu du mal à suivre la maxime : “Connais toi toi-même”. Car, n'en
déplaise à Platon qui la voulait une et parfaite, la Grèce a toujours été
double : à la fois civilisation et peuple, entité méditerranéenne et
balkanique, espace montagnard et insulaire, gardienne des mythes et découvreuse
du logos...
Civilisation
de l'Antiquité dominante de l'Andalousie au Caucase du VIIIème au IVème siècle
avant J.-C., la Grèce, c'est d'abord un
peuple, les Grecs , descendants selon le mythe d'Hellen, fils de Prométhée et
petit-fils de Deucalion, et héritiers depuis lors contestés de trois branches
fondatrices : les Doriens, les Ioniens et les Éoliens.
Mais
c'est surtout une entité géographique aux contours longtemps indéfinis, tant
par les premiers géographes antiques qu'elle a enfantés (Strabon, Eratosthène,
Ptolémée..) que par les hommes politiques occidentaux qui l'ont fait renaître à
partir de 1830.
D'abord
fille de la Méditerranée, la Grèce est devenue au fil du temps de plus en plus
une mère des Balkans. Eparpillée aujourd'hui sur plus de 1400 îles, accrochée
au flancs de montagnes âpres, elle tire probablement ses secrets les plus
intimes de ce mariage contre-nature entre la Terre et l'Eau, de cette liaison
impossible entre Gaïa et Poseïdon.
Née il
y a largement plus de trois mille ans de la Crête et de Mycènes pour conquérir
l'univers, la Grèce est, avec 10 millions de touristes par an à l'aube du
troisième millénaire, reconquise par un
monde soucieux de retrouver un de ces berceaux.
La
Grèce : une nation, une entité culturelle ?
Mais ce
cocon de civilisation, inventeur de la Raison et de la Démocratie, apparemment
aussi solide et éternel que le Parthénon, est en fait beaucoup plus délétère.
Car il est tout autant réseau que territoire. Les Grecs du XIXe siècle aimaient
distinguer, lorsqu'ils évoquaient leur spécificité, l'ethnos (une nation classique en adéquation avec un territoire
clairement défini) et le genos (une entité culturelle et politique, mais sans
Etat ni territoire propre). Tout le drame de la Grèce aura sans doute été de
n'avoir jamais réalisé sa Grande Idée
(Megala Ide) : la réunion de ces deux fondements.
Le Grec
est d'abord un citoyen. Politique avant tout. Car avant toutes choses, il y a
la cité. Au sein du monde antique, les cités ou polis, farouchement attachées à
leur autonomie, représentent des îlots de peuplement étroits, plus ou moins
rapprochés les uns des autres, mais surtout perdus dans un océan hostile de
Scythes, de Libyens, de Celtes et d'autres peuples. Pourtant, du Caucase
occidental jusqu'à l'Andalousie, les Grecs vivent tous dans un univers familier
et ne doutent pas de leur supériorité. Les premiers habitants de Marseille,
Nice, Naples, Syracuse, Sébastopol ou Trabzon partagent tous la même fierté
d'appartenir à une civilisation commune, de former le même monde. Le monde de
la cité. Tour à tour citoyen d'Halicarnasse, d'Athènes puis de Thiouroi,
Hérodote, incarnation de l'identité grecque,
se sent partout chez lui. Comme il le fait dire à un Athénien : “Nous
appartenons à la même race, et nous parlons la même langue, nous honorons les
mêmes dieux avec les mêmes autels et les mêmes rituels, et nos coutumes se
ressemblent.”
Le
grec, une langue commune
Et dans
toutes les cités, on est fier de parler
la même lanque. Un Grec, c'est celui qui s'exprime d'abord en grec, langue
première. Si, au XXe siècle, l'unité raciale des Grecs est largement remise en
cause, tant les mouvements de population qui ont affecté le bassin
méditerranéen entre 1200 et 700 avant J.-C. semblent avoir occasionné de
brassages et de métissages, jamais, en revanche, l'extraordinaire unité
linguistique du monde grec n'a été niée. Pendant l'Antiquité, la langue écrite
et parlée sont restées pratiquement inchangées pendant mille ans, en dépit des
spécificités de nombreux dialectes locaux. Au début de l'époque hellénistique,
un idiome commun, le koin s'est même partout imposé. Certes, quelques
irréductibles comme Archimède, qui s'exprimait en dialecte dorique, refusèrent
cette unification. Mais elle résista pourtant plus ou moins bien encore deux
millénaires. Et au XIXe siècle, lorsque la Grèce recouvre son indépendance, les
nouvelles autorités choisissent comme langue officielle le Katharevousa, une
recréation, fidèle à la langue antique, purifiée de tous les ajouts slaves ou
albanais accumulés pendant la période ottomane. Cette continuité historique,
appuyée sur une langue qui serait restée inchangée a d'ailleurs constitué la
base du travail du père de l'histoire nationale, Constantin Paparrighopoulos
(1815-1891). Sans langue grecque, point donc de peuple grec ! C'est d'ailleurs
en grande partie parce que leur dialecte, le Grec pontique, était resté très
proche du grec antique, que ces dernières années, les Grecs du Caucase, ont été
accueillis comme les nouveaux fragments d'une histoire éternelle.
Cette langue,
sous l'Antiquité, n'est pas seulement parlée. Son alphabet a été emprunté aux
Phéniciens au VIIIe siècle. Et le citoyen écrit car il est éduqué. S'il on
croit les contemporains, de très nombreux hommes libres savent lire et écrire
et, à la différence des empires d'Orient, la Grèce antique semble compter peu
de scribes. Mais la langue est surtout protégée par une tradition d'oralité qui
s'est perpétuée d'Homère jusqu'à nos jours dans l'ensemble des Balkans. Le Grec
est aussi un orateur. Sous l'influence d'Isocrate au IVe siècle, la rhétorique
est devenue la discipline principale et
l'éloquence, le plus noble exercice de la pensée. Dans les tribunaux et pour
les contrats commerciaux, le témoignage verbal, seul, est souvent légal. Il faut attendre Rome pour que les
actes écrits s'imposent comme fondements de la vie sociale réglementée.
Aujourd'hui encore, les 6 millions de membres de la diaspora entretiennent
jalousement la pratique orale de leur langue pour communiquer avec les 10
millions et demi de Grecs de l'intérieur.
La
religion comme unité culturelle
A côté
de la langue, la religion représente le
second lien du genos grec. Etre grec, c'est reconnaître un fondement religieux
aux débuts de l'expérience humaine. Les dieux de la mythologie, en dépit de
leur multitude plus de 300 personnages selon Hésiode -, sont adorés de la même
façon d'Olbia à Sagonte. Zeus et son Olympe bénéficient des mêmes temples et
rituels. Et les festivités, processions, jeux, sacrifices ou mystères sont
partout compréhensibles par les initiés. Pour tous, les dieux permettent
indirectement d'envisager un culte optimiste de l'excellence humaine. Chaque
cité possède les siens, mais toutes en ont et il ne viendrait à l'esprit de
personne de les remettre en cause. D'ailleurs, les manifestations périodiques
qui, soit s'inscrivent dans un processus rituel, soit exaltent les performances
humaines, entraînent fréquemment d'importants rassemblements. Au Ve siècle, il
n'est pas rare que près de 15 000 spectateurs soient présents à Athènes pour
les représentations des pièces d'Eschyle. Et lesJeux Olympiques, tous les
quatre ans, regroupent souvent plus de 40 000 personnes.
Ce
sentiment d'être uni par la religion restera toujours une constante de
l'histoire grecque, bien après l'Antiquité. Et même lorsque le christiannisme
éliminera complètement les vieux dieux fatigués. La création de Constantinople
en 330 sur les vieux murs de la colonie Byzantion donnera une deuxième capitale
au monde romain, mais permettra surtout la naissance et le développement d'une
Eglise chrétienne particulière. La future Eglise orthodoxe, après les chocs
théologiques de l'arianisme, du nestorianisme et du monophysisme, n'attend pas
le Grand Schisme de 1054 pour se séparer du Vatican, mais commence à conquérir
l'Europe orientale dès le VIe siècle. En dépit du progrès du slavon grâce aux
moines Cyrille et Méthode, tous les conquérants balkaniques soucieux de
légitimité religieuse se référeront toujours au grec, à l'image de Siméon de
Bulgarie couronné au début du Xe siècle
empereur des Bulgares et des Grecs ou encore d'Etienne Dusan, au XIVe siècle,
présenté comme Empereur des Serbes et des Grecs. Ainsi, menacé en permanence
pendant plus de mille ans par des fractionnements internes et des attaques
extérieures, l'Empire byzantin s'hellénisera de plus en plus jusqu'à sa fin en
1453 au point que, sous l'Empire ottoman, Eglise orthodoxe et Eglise grecque
seront toujours amalgamées et le grec réimposé comme langue liturgique unique.
Aujourd'hui encore, la Grèce rivalise avec la Russie pour dominer
l'universalité de l'orthodoxie. Le Grec ne se comprend pas autrement que comme
défenseur de la religion qu'il domine.
Pourtant,
et c'est là davantage qu'un paradoxe, le genos grec s'est construit autant sur
l'amour du logos que sur le maintien et la pérennisation par l'orthodoxie d'un
mythos originel. Autant que la religion, la raison est sûrement la chose du
monde la mieux partagée par les Grecs de l'Antiquité. Promue par les
philosophes, courtisée par des hommes politiques désireux de légitimer
démocratie ou oligarchie, elle représente l'arme suprême brandie face à des
Barbares condamnés aux superstitions et aux trivialités spirituelles. Citoyens
d'un micro-Etat du Péloponnèse ou d'une colonie lointaine, tout Grec de la
période classique sait que ses semblables partagent avec lui les vraies valeurs
de l'esprit et est pleinement conscient de donner à l'univers une clé de
connaissance exceptionnelle. Le Grec antique est toujours grand amateur de
Raison et se plaît à mettre en avant les différentes conséquences de cet amour
de la raison : la prééminence de la loi, le développement de structures
politiques complexes, la naissance de la démocratie. Ses héritiers
contemporains insistent d'ailleurs toujours sur ces cadeaux fondamentaux faits
à la civilisation occidentale. Non sans fierté. Et avec souvent une pointe de complexe de supériorité...
Pourtant,
plus prosaïquement, le genos grec s'est aussi affirmé par un sens souvent
inégalé de la mobilité et du commerce. Si Aristote a toujours vanté les mérites
de l'autarcie, il a aussi reconnu les nécessités souvent vitales pour les cités
des échanges commerciaux. Le Grec est en majorité paysan, mais il a le commerce
dans l'âme. L'économie de son temps repose sur deux piliers : une
agriculture surtout céréalière qui ne découvrira les joies des transhumances
animalières que lorsqu'arrivera le temps des invasions et un commerce intensif
qui permet d'entretenir des contacts permanents entre toutes les cités mais
aussi avec tous les Barbares. Cette profonde attirance pour le commerce est
encouragée par une solide maîtrise des mers. Le Grec vit avec la mer. Des
bateaux bien conçus facilitent autant le cabotage que l'exploration des bornes
du monde connu.. Cette tradition s'est toujours maintenue. Dans les villes de
l'Empire ottoman, dès que l'on était
établi commerçant, on était dénommé “grec”, que l'on soit arménien, valaque ou
serbe! Et les “Evergètes”, riches commerçants de la diaspora, contrôlaient les
échanges du sultan. Rien d'étonnant à ce qu'auXXe siècle, les Niarchos, Onassis, Pappas ou Andréadis aient
construit leurs fortunes sur les constructions navales et le commerce
maritime...Rien de surprenant aussi qu'à la fin des années 1960, des centaines
de milliers de Grecs, semblables à leurs ancêtres allant renforcer les
colonies, aient gagné l'Allemagne pour une émigration souvent temporaire. Rien
de singulier enfin que la Grèce qui, sous l'Antiquité, aimait à montrer ses
richesses aux métèques et aux voyageurs du monde entier, reçoive aujourd'hui
autant de touristes...
Un
ethnos singulier
Mais ce
triomphe récent du tourisme international représente davantage qu'un symbole de
plus de l'assimilation de la Grèce à un ensemble planétaire formés de réseaux
diasporiques et culturels. Bref à une civilisation particulière. Il est aussi
l'indication que la nation grecque peut et veut profiter à plein des potentiels
d'un territoire auquel elle s'est aussi identifiée. Cette terre grecque,
chantée avec nostalgie depuis le XIXe siècle par les plus grands noms de la
littérature mondiale (Byron, Chateaubriand, Flaubert...), reconstruite
mythiquement par des musiciens ou des peintres romantiques (Beethoven,
Delacroix...), a transformé au XXe
siècle maints simples voyageurs en de magnifiques prosateurs (Alexakis,
Durrell, Lacarrière...). Cette séduction jamais démentie est la conséquence
directe de la grandeur des paysages. Car autant balkanique que méditerranéenne,
la Grèce incarne d'abord la rencontre violente
entre la mer et la montagne.
Une
activité sismique et volcanique rappelle en permanence le travail d'Héphaistos,
mais aussi le risque permanent d'un établissement humain. Vivre en Grèce est
périodiquement dangereux, comme le rappellent de fréquents tremblements de
terres. Les fractures de l'écorce ont entraîné après le miocène un gigantesque
jeu de failles : les îles ont émergées et des unités orographiques
particulières se sotn distinguées. Les formes du relief sont ainsi parmi les
plus récentes d'Europe. Un axe de plissement NW-SE guide leur orientation
générale. Mais les montagnes limitent la pénétration des influences maritimes.
Pourtant aucun espace n'est à plus de 100 kilomètres de la mer. Si le littoral
égéen très découpé facilite le cabotage, en revanche, du côté de l'Adriatique
et de la mer ionienne, les conditions sont plus difficiles.
Les
spécificités des données naturelles sont directement liées à cette jeunesse des
formes : l'aspect massif des montagnes aux pentes très escarpées (Les Monts du Pinde, extension des Alpes
dinariques, rempart imposant face à l'Adriatique et à la mer Ionienne, se
prolongent par les chaînes du Péloponnèse (Erymanthe, Ithôme)) avec quelques
repères éternels isolés (l'Olympe (2917m), le Smolikas (2637m)), répond à
l'étroitesse des zones planes (plaine de Thessalie, bassin de Megalopolis,
poljé inondé de Janina, alvéole de Kozani...); une opposition est-ouest rend
les versants occidentaux plus arrosés que les versants orientaux quelle palette
entre Corfou la verte et Santorin l'orangée ! -, avec un adoucissement maritime
du climat méditerranéen; la présence partout enfin d'une végétation dégradée en
dépit d'essences variées : près des côtes, le maquis prédomine, alors qu'à
l'intérieur s'imposent des essences moins méditerranéennes (hêtres du Pinde,
chênes caducifoliés d'Epire et de Macédoine, châtaigniers de Chalcidique et du
Pélion, sapins de Céphalonie ou du Taygète...).
Mais
c'est bien l'extrême fragmentation qui donne sa caractéristique première au
territoire grec. La Grèce est d'abord multiple. Sous l'Antiquité pré-romaine,
toute la Méditerranée selon Fernand Braudel fonctionnait comme une
constellation d'îles, îles réelles entourées d'eau ou seulement plaines
littorales. La Grèce ne dérogeait pas à la règle. Toutes les unités naturelles (îles,
piémonts, bassins intérieurs...) y étaient de faible étendue et très bien
individualisées. Véritables cellules de vie économique, elles se sont imposées
d'elles-mêmes pour former les premières unités politico-administratives. Elles
ont donc très souvent constitué le territoire de base sur lequel se sont
épanouies les cités. Pas étonnant alors
que la Grèce n'ait pu voir se développer que des petites thalassocraties
parfaitement adaptées à leur environnement et non un ou quelques grands
empires. La cité athénienne à son apogée n'atteignait pas les 200 000 habitants
et la moyenne était largement en dessous des 40 000. Par la suite, et notamment
pendant la période ottomane, la zupa, la petite région naturelle s'est
maintenue comme niveau premier de communauté, si bien qu'au dix-neuvième
siècle, la Grèce restait un pays de petites villes contrôlant de faibles
territoires. La macrocéphalie d'Athènes, qui, aujourd'hui, regroupe près d'un
tiers des habitants du pays (3,1 millions), est un phénomène finalement très
récent. Qui pense Grèce doit d'abord penser petit !
Ce qui
n'a jamais empêché les Grecs de voir grand car ils ont toujours tenté de faire
se rejoindre ethnos et genos. Mais combiner une ambition culturelle universelle
portée par une diaspora commerçante et civilisatrice et une multitude de
micro-ensembles politiques très fiers de leur singularité a toujours constitué
une mission quasi impossible. Elle aurait nécessité une autorité politique
centrale, ce qui était inenvisageable dès l'Antiquité, comme l'a démontré
Thucydide. Certes, à l'époque hellénistique, apparaîtront des Etats
territoriaux dirigés par des Grecs, mais il seront situés pour la plupart sur
des espaces conquis en Orient. De même, à la fin de la période byzantine,
d'autres principautés dirigés par des princes grecs émergeront, mais elles ne
seront qu'une pâle copie de la féodalité occidentale. En fait, ce sont toujours
des autorités politiques extérieures à la Grèce (Philippe de Macédoine puis les
Romains, puis les Byzantins et enfin les Ottomans) qui la forceront à réunir
ses deux aspects et à trouver un semblant d'unité.
Après
1830, le nouvel état national grec, dirigé successivement par des rois Bavarois
puis Danois, va reprendre cette Grande Idée : être grec, c'est pouvoir jouir d'un
territoire le plus grand possible dans le cadre d'un Etat grec nationaliste et
conquérant. En donnant à tous les Balkans le nom de “péninsule grecque”, le
géographe allemand Karl Ritter avait indirectement assigné les limites
territoriales de l'expansion. Et, de fait, le contrôle de la Macédoine en 1913,
après l'Enosis avec la Crète en 1905, et la conquête de la Thessalie en 1881
répondirent parfaitement au plan initial. Mais la Grande Idée se termina
lamentablement, quand les nationalistes voulurent remplacer les conquêtes dans
les zones slaves par une nouvelle domination du pourtour de la Mer Egée, en vue
peut-être de se rapprocher de la Mer Noire, ce Pont-Euxin, “mer hospitalière”
fascinante, porte de la Colchide, hier lieu mythique de la Toison d'Or et
aujourd'hui terre d'origine des cousins pontiques. Les lourdes défaites
militaires face au Turc Mustapha Kemal entraînèrent la perte définitive de
l'Asie Mineure. Troie ne serait jamais plus prise. La Grèce ne ferait pas
passer à l'Europe les détroits.
Depuis
lors, la Grèce vit schizophréniquement l'amputation définitive de ses rêves,
comme l'a montré la tragique affaire de Chypre. Et la Grande Idée, abandonnée
aux nouveaux Homère, attend probablement un nouvel Alexandre.