LE MONDE HELLÉNISTIQUE

ET ROMAIN




La période hellénistique et romaine, qui va du IIIe siècle av. J.-C. au Ve siècle de notre ère, est une période de profondes mutations politiques : le monde méditerranéen passe de la prédominance des Cités à la constitution des grands empires. Philosophiquement, cette période désigne le déclin de la pensée grecque au profit de courants d'inspiration religieuse et en particulier chrétienne.


Les grandes écoles philosophiques, nées à la fin de l'époque hellénique, se diffusent dans tout le bassin méditerranéen et suscitent de nouvelles préoccupations. C'est le cas, par exemple, de l'école stoïcienne qui, bien que née à Athènes au IIIe siècle av. J.-C., connaîtra son apogée durant la période impériale grâce à des philosophes comme Sénéque, Épictète, ou l'empereur Marc Aurèle. C'est également le cas de l'école épicurienne, dont la pérennité s'explique par l'accueil favorable fait à ses conceptions éthiques et morales. Durant cette période, les spéculations cosmologiques et physiques des philosophes sont ébranlées par un courant de scepticisme, et la philosophie se présente avant tout comme un guide de vie pratique.


À partir du IIe siècle de notre ère, le courant stoïcien décline au profit d'un retour au platonisme et à l'aristotélisme. Ce retour ne consiste pas en une répétition des doctrines de leurs fondateurs, mais en une reprise à la fois du contenu et de l'orientation de ces philosophies. La doctrine originaire perd ainsi de son authenticité, mais elle sert de support à de nouvelles interprétations. L'influence de thèmes venus de la pensée orientale, ainsi que l'apparition du christianisme avec les premiers apologistes, sont les deux principaux facteurs qui favorisèrent le développement d'un courant philosophique teinté de religion. Par ailleurs, durant toute la période hellénistique et romaine, une pensée de type scientifique et technique se développe peu à peu autour de savants comme Archimède, Ératosthène, Pline ou Galien. La séparation entre science et philosophie est ainsi amorcée, mais elle ne deviendra irréversible qu'au XVIIIe siècle.


La philosophie va peu à peu passer de l'état d'amalgame de doctrines d'inspiration morale, à celui d'une pensée aux accents mystiques. La philosophie néoplatonicienne que développe Plotin au IIIe siècle de notre ère est emblématique de cette nouvelle orientation.


La conséquence de cette tendance est qu'au IVe et au Ve siècles, la pensée hellénique authentique tend à disparaître. En 529, l'empereur chrétien Justinien ordonne la fermeture de toutes les écoles philosophiques. Ce sont désormais les hommes d'Église qui se préoccupent de philosophie et qui interprètent les penseurs grecs.